Vous êtes ici : Accueil > Sortir, bouger, découvrir > Culture > Patrimoine > Bassin Minier : candidat Unesco > 7 - Cité Bruno à Dourges
Il est fort probable que la cité Bruno, dont la construction date de 1904, soit la première cité-jardin construite en France. Tel un véritable laboratoire de la cité-jardin, la cité Bruno comprend plusieurs types d’habitations et plusieurs îlots différents. Dans les années 1920, la Société des Mines de Dourges fit construire une salle des fêtes, une extension de la cité ainsi qu’une école, une église et son presbytère.
Lacité Bruno de Boisgelin, fut construite à Dourges entre 1904 et 1908 pour y loger les très nombreux immigrés polonais venus travailler pour la Société. Elle est réalisée à mi-chemin des puits n°2 et n°8 de Dourges, selon les plans de l’architecte E.Delille. Répertoriée comme cité exceptionnelle du Bassin minier, la cité est divisée en deux parties : à l’Est, la petite cité-jardin d’origine composée de trois rues courbes se scindant et se rejoignant entre-elles ; à l’Ouest, la cité nouvelle, une autre petite cité-jardin composée de trois rues parallèles reliées à leurs extrémités et formant des îlots rectangulaires. Enfin, un îlot central raccorde harmonieusement les deux parties. Dans le secteur Est, les habitations sont principalement groupées par deux. Dans le secteur Ouest, les maisons sont regroupées par quatre. Dans l’îlot central, les maisons sont groupées par deux. La présence de ces formes urbaines très différentes donne un caractère particulier à la cité et il semble que celle-ci ai servi de laboratoire pour les ingénieurs de la Société.
En 1908, à la fin de la construction de la cité, toutes les rues ont été ornées de très beaux platanes plantés très régulièrement, créant des alignements majestueux et offrant au quartier un caractère verdoyant. Les jardins, fermés par des haies végétales, accentuent le cadre de vie agréable et jouent un rôle central dans la qualité paysagère et urbaine de la cité.
L’ensemble de la cité est construit en briques, les façades enduites et/ou peintes. Quelques traces des décorations d’origine persistent avec notamment des différences de traitement entre la partie haute, enduite et décorée de faux-colombages en ciment, et la partie basse de la façade, plus sobre. Quelques décors variés autour et entre les ouvertures, apportent une fantaisie et une originalité certaine sur des habitations à la fois massive et simple.
Quant à la cité Bruno nouvelle, construite en 1925, elle suit une voirie orthogonale avec un bâti en retrait de rue. La grande majorité des pavillons, construits en briques ou en parpaings de schiste, offre des logements regroupés par quatre ou six. Les façades sont enduites de ciment peint. La partie supérieure de façades est plus travaillée. Leur traitement repose sur des motifs variés de faux-colombages. La cité présente des volumétries très diversifiées avec des toitures à lucarnes à doubles, triples ou quadruples pignons centrés et des soulèvements de toits.
L’école de la cité Bruno fut construite en 1925. Très simple, il s’agit d’un bâtiment compact, de base rectangulaire et élevé sur deux niveaux. Il est recouvert d’un toit à deux pans. Construit en briques, le béton est utilisé pour les soubassements et les linteaux des ouvertures. Parfaitement symétrique, la façade principale est composée de dix travées, deux d’entre-elles sont percées au rez-de-chaussée de larges ouvertures correspondant aux entrées de l’école des filles et de l’école des garçons.
Dès 1924, la Société des Mines de Dourges fit bâtir l’église Saint-Stanislas avec son presbytère, église destinée à la population de la cité Bruno, essentiellement polonaise. Non connu, l’architecte de l’édifice a choisi d’adopter une version très particulière et inhabituelle du style romano-byzantin, se rapprochant fortement, dans ses formes et masses générales, des pylônes des temples égyptiens. Il s’agit d’un vaisseau en béton prolongé à l’Est par une chapelle de moindre taille. Il est couvert par un toit à deux versant en forte pente.
Le presbytère est un bâtiment de deux niveaux, construit en parpaings de schiste, visible sous un enduit gris. Il est de plan rectangulaire, avec un avant-corps en façade, et couvert d’un toit à deux versants couvert d’ardoises. Son architecture s’inscrit dans le style pittoresque et néo-régionaliste de la cité Bruno. Depuis Juin 2009, l’église Saint-Stanislas et son presbytère sont inscrits sur la liste des Monuments Historiques.
La salle des fêtes, construite en 1924, est composée de deux corps de bâtiments contigus. Le premier accueille la salle des fêtes à proprement dite, abritée sous un toit à deux pans. Le deuxième correspond aux annexes arrières réservées aux espaces techniques.