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11 - Paysage et ensemble miniers de Drocourt

Le paysage et l’ensemble minier de Drocourt se trouvent à la convergence de trois concessions, celle de Courrières, celle de Dourges et celle de Drocourt. Cette dernière est rattachée en 1919 à la Compagnie des Mines de Vicoigne-Noeux. Riche en charbon gras à coke, ce secteur a accueilli de nombreuses fosses. En 1892, la Compagnie des Mines de Drocourt construit une cokerie sur le site de la fosse n°1. Celle-ci est modernisée et complétée d’un lavoir et d’une centrale thermique après la Nationalisation. Ce vaste complexe industriel va bouleverser le paysage en donnant naissance à de vastes terrils encore visibles aujourd’hui. Aussi, dès le début du 20e siècle, l’urbanisme minier va accompagner cet essor industriel : de nombreuses cités minières sont construites aux abords des fosses et de la cokerie, donnant lieu à l’organisation d’un urbanisme intercommunal de grande ampleur. La cokerie de Drocourt a cessé son activité en 2002 et a été démantelée immédiatement. Un vaste parc urbain, le « parc des îles », y prend désormais place.

 

Le terril 205

Le terril 205, d’une superficie de 22 hectares, est issu du lavoir de Drocourt et le début de son édification date de 1958. Il s’agit d’un grand terril moderne à la forme atypique, à mi-chemin entre le terril conique et le terril plat, qui a conservé sa morphologie originelle. Il a fait l’objet d’aménagements légers destinés à la rendre accessible. En son sommet, il offre de larges vues ouvertes sur l’ensemble minier de Drocourt.

 

Le terril 101

Le terril 101 est également issu du lavoir de Drocourt. Le début de son édification date de 1958. Il s’agit d’un grand terril plat occupant une surface de 46 hectares. Sur une partie, il fait actuellement l’objet d’un exploitation dont l’échéance arrive prochainement à terme. En partie exploité, il n’a donc pas totalement conservé ses caractéristiques originelles. En sommet il offre de larges vues ouvertes sur l’ensemble minier de Drocourt mais également vers Hénin-Beaumont et les terrils 84 et 92.

 

Le terril 84

Contigu au terril 101, le terril 84 est issu de l’activité de la fosse n°2 de Drocourt. Il s’agit d’un terril conique s’étendant sur 45 hectares pour une hauteur d’environ 80 mètres. Demeuré intact il accueille depuis quelques décennies une nouvelle végétation arborescente et est reconnu en Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique (Z.N.I.E.F.F.) de type I. Il est également inclus dans le projet de « parc des îles » de la CAHC.

 

La cité-jardin Darcy

S’étendant au pied du terril 205, la cité-jardin Darcy, construite par la Société des Mines de Dourges fait partie des cités exceptionnelles du Bassin minier. Sa construction débute en 1909 pour s’achever dans les années 1922-1923. La cité suit une voirie courbe avec un bâti en retrait de rue. La majorité des pavillons, construits en briques ou en parpaings de schiste, offre des logements regroupés par deux, trois ou quatre. Chaque habitation dispose d’un jardin privé situé à l’arrière et ceinturé par des clôtures en béton parfois doublées de haies végétales d’origine. Par le biais de sa structure viaire, la cité Darcy offre une variété de perspectives mettant en scène plusieurs plans successifs où alternent pignons et façades latérales et, dans certaines rues, en arrière-plan, le terril 205. La majeure partie des façades est enduite en ciment peint et la partie supérieure de ces façades est ornée de motifs variés de faux-colombages en enduit de ciment, peints et légèrement en relief. La cité présente des volumétries très diversifiées avec des toitures à lucarnes, des soulèvements de toitures, des demi-croupes et des toitures à très longs pans.

 

La cité de la fosse n°10

Rattachée à la fosse n°10-20, la cité de la fosse n°10 a été construite par la Compagnie des Mines de Courrières en deux phases, vers 1900 puis vers 1920. Répertoriée comme cité exceptionnelle, sa particularité est d’être composée de trois parties bien distinctes. La première partie, située au Nord des terrils 84 et 101, suit une voirie strictement orthogonale et est composée à la fois de très longs barreaux de corons datant du début du 20e siècle et d’habitations pavillonnaires. Jouant avec la déclinaison du sol, chacun des blocs est en décalage par rapport au bloc voisin. L’ensemble est construit en briques monochromes et recouvert d’une toiture classique à deux pans. Cette partie de la cité a été complétée dans les années 1920 par des habitations pavillonnaires de volumétrie assez simple, construites en briques et présentant, en façade et sur les pignons, des motifs de briques de couleur blanche sous forme de bandeaux.

La deuxième partie de la cité, située à l’Ouest du terril 84 et séparée du reste de la cité par un tissu urbain traditionnel, est également constituée de barreaux de corons mais au style architectural beaucoup plus riche. Caractéristique du style Courrières, ces barreaux sont composés de la juxtaposition répétée de deux mêmes volumes collés en miroir. La toiture se soulève pour accueillir différentes lucarnes ornées, en façade, de jeux de briques rouges et blanches. Toujours aveugles, les pignons sont ornementés de nombreux motifs de briques blanches.

 

La cité-jardin de la Résidence de la Motte

Rattachée à la fosse n°2 de la Compagnie des Mines de Drocourt, la cité-jardin de la Résidence de la Motte, anciennement cité Nouméa, fut entièrement reconstruite, entre 1921 et 1927, après le rachat de la Compagnie de Drocourt par la Compagnie des Mines de Vicoigne-Noeux. Plus vaste cité du Bassin minier du Nord – Pas de Calais, elle se développe le long et de part et d’autre d’un grand boulevard la reliant à la cité Résidence du Parc à Méricourt. Répertoriée comme cité exceptionnelle, elle accueille des équipements collectifs de très grande qualité au cœur d’un parc. Suivant un voierie exclusivement orthogonale la cité offre de longues perspectives. La grande majorité des pavillons, construits en briques, regroupe deux logements et dispose d’un jardin privé à l’arrière ceinturé par des haies végétales. Des alignements d’arbres, des mails piétons ainsi que le parc autour des équipements donnent une très haute qualité paysagère à l’ensemble de la cité. Le style architectural de la cité repose sur une ornementation discrète en briques blanches. Les entrées sont le plus souvent protégées par des porches en débord de toiture. La volumétrie est quant à elle recherchée et variée avec des toitures classiques à deux pans, relevés par des soulèvements ou des débordes de toiture, des toitures à longs pans brisés ou encore des pignons-lucarnes.

 

L’église Saint-Louis

Implantée en bordure de la cité Résidence de la Motte, au centre de la place publique, l’église Saint-Louis est l’œuvre des architectes parisiens Duval et Gonse. Elle est inscrite sur la liste des Monuments Historiques depuis Juin 2009. Dès 1924 la Compagnie des Mines de Vicoigne-Noeux-Drocourt constate la nécessité de construire un édifice de culte dans une cité qui comprend alors 2740 habitants. La construction est engagée en 1928 et l’église est bénie le 6 avril 1930. Le plan de l’église repose sur le principe du plan en croix grecque, avec nef à travée unique. Les matériaux de construction sont la brique de parement à arêtes vives et la chaux. La toiture repose sur une charpente métallique. L’église est accompagnée de deux rangées de platanes placés sur les grands cotés de la place et formant un écran entre les corons et l’édifice.

 

Le presbytère français et le presbytère polonais

Le presbytère français et le presbytère polonais de la cité de la Résidence de la Motte sont édifiés en prolongement des corons de chaque coté de la place publique de la cité, avec façade sur la place, en vis-à-vis l’un de l’autre. Ils font symboliquement et physiquement corps avec les corons, dont ils constituent respectivement le dernier logement. Chaque presbytère se compose, au rez-de-chaussée, d’un vestibule, un bureau, un salon, une salle à manger, une cuisine et un office. Ils possèdent également un étage carré où sont distribuées quatre chambres et une salle de bain. De style néo-flamand, ils sont intégralement construits en briques.

 

L’école des filles de la cité de la Résidence de la Motte

La Compagnie des Mines de Vicoigne-Noeux-Drocourt charge au lendemain de la guerre, les architectes Duval et Gonse de l’aménagement de la place publique de la cité de la Résidence de la Motte ainsi que de l’école des filles, du pavillon de la directrice et de logements extérieurs destinés aux institutrices.

L’école est formée de deux bâtiments parallèles, construits en briques et couverts de tuiles, entre lesquels se trouvait la cour de récréation. L’édifice qui fait face à la place est flanqué de deux ailes de moindre hauteur, couverts par des toits à quatre pans. Le bâtiment derrière la cours est de conception plus ancienne et date de la Compagnie des Mines de Drocourt. Il est constitué d’un pavillon de cinq travées sur deux niveaux, couverts d’un toit à deux versants, et de deux ailes latérales de trois travées chacune sur un seul niveau couvertes par un toit à deux versants. Les pignons sont aveugles et ornés de quelques fleurons bleus.

L’église Saint-Louis, les deux presbytères et l’école des filles sont inscrits sur la liste des Monuments Historiques depuis Juin 2009.

 

L’école des garçons de la cité de la Résidence de la Motte

L’école des garçons de la cité de la Résidence de la Motte, construite en 1925, n’est pas située sur la place publique mais derrière, dans la continuité d’un alignement de pavillons. Imposant, le bâtiment en briques est composé d’un seul corps de bâtiment s’alignant sur une cinquantaine de mètres. Parfaitement symétrique, le pavillon central à deux niveaux possède une toiture à deux pans recouverte de tuiles en terre cuite. Du point de vue architectural, l’école des garçons s’inspire amplement de l’architecture publique de l’époque.

 

Le tronçon de cavalier Hénin-Beaumont/Rouvroy

D’une longueur totale de quatre kilomètres, le tronçon de cavalier Hénin-Beaumont/Rouvroy débute aux pieds des terrils 101 et 84, les longe puis traverse la totalité de la cité de la Résidence de la Motte jusqu’à l’entrée de la cité de la Résidence du Parc à Méricourt, la gare de Méricourt étant la gare d’expédition du charbon. Aujourd’hui dépourvu de ses rails, le cavalier a été réhabilité en respectant parfaitement son tracé. Cette portion constitue désormais une liaison douce, permettant les activités de loisirs de type randonnée et ballade.

 

La cité-jardin de la Résidence du Parc

Attachée à l’ancienne fosse n°4-5 de la Compagnie des Mines de Drocourt, la cité-jardin de la Résidence du Parc à Méricourt fut construite dans les années 1920 et vient poursuivre la cité de la Résidence de la Motte. Beaucoup plus petite que sa voisine, elle est répertoriée comme cité exceptionnelle du Bassin minier. La cité suit une voirie courbe et le bâti est implanté en retrait de rue laissant en avant de petits jardins privés. Construits en briques, les pavillons regroupent deux ou trois logements. Chaque habitation dispose d’un jardin privé situé à l’arrière et ceinturé par des haies végétales. Des alignements d’arbres, des mails piétons ainsi qu’un vaste parc public confèrent à la cité une très haute qualité paysagère. Les habitations présentent une volumétrie recherchée et variée avec notamment des toits classiques à deux pans relevés par des débords de toiture ou des toitures dotées de pignons-lucarnes. Le style architectural est sobre avec des linteaux droits en béton et de légères frises de briques blanches soulignant le niveau des allèges et des planchers et rehaussant les pignons.